MENUMENU
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Empreintes, le concept-store des métiers d’art

Biscuit de porcelaine « Carton Ondulé » de Fanny Laugier. L’artiste affectionne les pièces géométriques simples transformées par l’art du pliage. Vous pourrez découvrir l’atelier de Fanny Laugier à Poitiers ou sur son site

« Montagne Bleue » de Cyprien Mouchel. Buffet en chêne sablé, et motifs à l’encre, tels des dessins dans la marge. L’atelier de Cyprien se trouve dans la campagne de Saint-Malo et vous pourrez découvrir son travail ici

« Fenêtres », par la Faïencerie Georges : 4ième génération de la faïencerie fondée en 1898. Une technique ancienne et une inspiration très contemporaine avec un goût prononcé pour le graphisme. A découvrir ici

Les Maisons Cubes (1984) de Piet Blom à Rotterdam

Monoxyle de Bertand Lacourt. Bertrand Lacourt travaille le tronc d’arbre pour en tirer des pièces d’un seul bloc, aux lignes épurées. Simplicité aussi dans les outils à main utilisés, pour apprivpoiser l’arbre en face à face. monoxyle.fr

« Eclats » de Karen Petit, céramiste à découvrir du côté de Saint Etienne ou sur son site

« Acapulco » de Silver Sentimenti. Passé par la haute couture et le costume, Silver Sentimenti évolue entre tissu, terre, bois, résine… Ici jeu de fils sur grès émaillé de noir. silversentimenti.com

Empreintes

Atelier d’Art de France, le syndicat professionnel des artisans d’art est à l’origine de ce nouveau et vaste lieu dans le quartier du Marais à Paris.
L’endroit vaut à lui seul le déplacement : d’anciens ateliers de joaillerie dans un bâtiment restauré dont on a conservé le charme, 4 niveaux vastes et clairs percés d’immenses baies.
La sélection elle aussi est au rendez-vous et se renouvelle constamment : les artisans choisis y présentent leurs créations pendant 3 mois avant de laisser la place à celles de confrères.

Les retours du public semblent unanimes sur la qualité des objets, bijoux ou meubles qu‘on peut y découvrir et vous verrez en marge de l’article quelques photos de créations qui m’ont particulièrement séduite lors de mon passage au mois de décembre.

Les critiques émises portent sur les prix jugés trop élevés.
C’est là que l’on voit que les Ateliers d’Art de France ont encore devant eux un gros travail à accomplir afin que tous comprennent qu’il est impossible d’espérer acquérir un objet artisanal avec un budget Ikea ou Habitat.

D’un côté, la conception d’un objet visant à plaire au plus grand nombre ou tout au moins à répondre à une mode, une tendance qui rencontrera sa clientèle. Parfois même la reprise d’un objet de designer de renom dont on modifiera quelques éléments, matériaux, juste assez pour que cela ne puisse pas être légalement accusé de plagiat.
De l’autre une recherche personnelle, qui ne vise pas uniquement à plaire au client mais à exprimer le goût du créateur pour une matière, une couleur, une forme, une technique, explorer un sentiment, une réflexion qui peut être technique ou intellectuelle.

D’un côté une production industrielle permettant la production rapide d’objets identiques et grâce à cela des économies d’échelle qui permettront de proposer des prix de vente attractifs. Selon le positionnement prix visé, avec un niveau de qualité que l’on choisira selon. Pour les produits les plus chers, un équipement de production réduisant les malfaçons et augmentant qualité et durée de vie. Pour les produits les plus accessibles, des économies indispensables sur les matériaux, la finition, la fiabilité, le salaire de l’opérateur qui veille sur la machine, ici ou à l’autre bout du monde.
De l’autre une production manuelle, en exemplaire unique ou toute petite série où le concepteur est aussi le fabricant. Pas ou très peu d’économie d’échelle ici : le temps de conception accouchera d’un –de 20 ou de 100 produits… pas de 10 000. La main et l’œil de l’artisan seront à chaque instant du processus sur l’objet, veillant à aboutir au projet conforme à l’objectif de son créateur.

Notez bien que je ne pose pas ici la question d’un jugement moral ou éthique sur ces différences.
S’il est vrai qu’on peut en débattre, il est également évident que la production industrielle en série est indispensable pour de nombreux biens et de nombreuses bourses.

Le sujet est ici de comprendre comment est né l’objet artisanal. Faisons un petit exercice à la louche :

Combien d’heures a-t-il fallu à l’artisan pour concevoir cette tasse aux reliefs étranges : la dessiner, réfléchir à la solution technique permettant sa réalisation – d’ailleurs souvent difficilement reproductible par des moyens de production industriels.
Le temps des essais, des échecs, des améliorations.
Puis le temps de production en tant que tel, une fois l’objet « mûr ».
Si on ne compte que ces étapes, imaginez que tout cela ait pris 2 heures à l‘artisan.
(Cela passe très vite 2 heures, on est évidemment la plupart du temps bien au-delà…)
Imaginez qu’il se rémunère royalement à 10€ de l’heure (smic = 9€76), voilà donc 20€ de rémunération pour le temps de l’artisan.

Et puis il y a sans doute un peu de matière dans cet objet. Allez, on va dire que ce créateur fait des merveilles avec presque rien et qu’il n’a eu besoin que de 5€ de matériaux.
Nous voilà donc à 25€.

Sachant qu’un magasin traditionnel reverse à l’artisan 50% environ du prix que vous allez débourser, cela veut dire que vous ne pourrez pas trouver cet article à moins de 50€.

Vous remarquerez que je vous fais grâce du loyer et de charges de son atelier et du coût d’achat et d’entretien de ses outils.
Et pour coller avec la réalité quotidienne de l’artisan il faudrait aussi rajouter le temps qu’il va lui falloir passer pour faire parvenir l’objet jusqu’à son potentiel acheteur : le créateur doit être aussi communiquant et commercial. Oups, ne pas oublier de tenir efficacement ses comptes pour être capable de savoir combien il a couté de produire se « chmurtz » si joli (oui, parce que s’il vend 20€ pour faire plaisir au client ce qui lui a pris 6h de temps de travail il va y avoir un souci à la fin du mois…).

Bref tant de choses qui prennent beaucoup de temps, et qu’il faut donc bien pouvoir à un moment ou un autre rémunérer si l’artisan veut vivre de son travail et non pas seulement en faire un hobby coûteux.

Ouh là je me suis emballée…. ?
Mais il est nécessaire de rappeler ce qui est indispensable à l’existence de ces objets originaux, nés de la main de leur concepteur, qui vous offre une proposition unique, personnelle, qui vous touchera. Cela demande du temps, de la minutie, du travail.

Alors n’ayez pas peur, le prix à payer n’est pas forcément inaccessible mais vous ne pouvez retrouver dans ces propositions artisanales le positionnement prix d’un processus industriel s’appuyant sur l’économie d’échelle du positionnement marketing et de la production de masse.

Empreintes est donc un de ces rares endroits où vous pouvez découvrir ces créations, en toute connaissance de cause.

Violaine Ulmer

Soutien gorge en porcelaine de Violaine Ulmer
Culotte en porcelaine de Violaine Ulmer
Espadrilles en porcelaine de Violaine Ulmer
Rode Armure en porcelaine de Violaine Ulmer
Bagues en porcelaine de Violaine Ulmer
Hirondelles en porcelaine de Violaine Ulmer

bonnet de bain Violaine Ulmer

J’ai rencontré Violaine Ulmer l’an dernier à Maison & Objet et suis tombée sous le charme de ses créations.
Ce qui ne gâche rien, Violaine fait partie de ces personnes avec qui on prend plaisir à échanger et vous offre son sourire et son temps.

Ludique, poétique, inventif, le travail de Violaine Ulmer ne ressemble à aucun autre.
C’est une voie bien personnelle que la créatrice a décidé d’explorer lorsqu’elle a ouvert son atelier il y a un peu plus de 10 ans. Elle revient alors vers ses premières amours qui l’avaient amenée vers une formation de plasticienne. La porcelaine l’a rattrapée et c’est une bonne nouvelle !

Mes grands favoris : son dressing.
Des pièces grandeur nature qui sortent de nos armoires… mais en porcelaine.
Le velouté de la porcelaine convient à merveille à ses dessous chics, espadrilles, et bonnets de bain.
Il y a quelque chose de magique dans cette porcelaine qui se déguise en dentelle, tissu souple et froissé.
Tout à coup elle n’est plus froide et cassante mais semble venir de quitter le corps, souple et soyeuse.
Derrière ces objets magiques, de nombreuses étapes. D’abord vient la styliste avec le patronage et la découpe. Puis le façonnage qui créé volume et plis, donne la vie à l’objet. Ensuite l’étape délicate du séchage où il faut trouver les astuces pour que la mise en forme ne s’efface pas pendant les heures d’attente avant la cuisson. Et enfin la dernière étape du four à 1280° où là encore de nouvelles surprises et déformations peuvent sublimer… ou ruiner le travail. La vie de céramiste n’est pas un long fleuve tranquille, encore moins quand on se met en tête de faire des culottes !

Violaine Ulmer travaille la forme mais aussi la texture. Avec son armée de robes armures Violaine Ulmer explore les techniques d’impression et créé des matrices avec ce qui l’entoure : un relief intéressant par ici ? Voilà qui pourra peut-être imprimer la porcelaine…

Je vous laisse aller découvrir ses bijoux, graphiques, épurés, légers. (J’en veux)
Allez voir aussi ses hirondelles : elles projettent des ombres qui font rêver les murs.

Pour tout découvrir : le site de Violaine Ulmer

ulmer sac

le Bauhaus au Musée des Arts Décoratifs

Marcel Breuer - 1926 Chaise bois laqué, tissu, tube d'acier nickelé
Anni Albers - etude pour l'atelier de tissage
Mies van der Rohe (1886-1969) - 1927 MR Side Chair
Oskar Schlemmer - le plongeur, costume de ballet 1922

Josef Albers - 1921 Quadrillage en tessons de verre

Une très belle exposition au Musée des Arts Décoratifs nous fait voyager dans l’univers pluridisciplinaire du Bauhaus, mouvement aujourd’hui devenu un classique de l’avant-garde. Pourtant il fut à sa création diabolisé : ce « centre bolchevique » où jeunes élèves et maîtres s’illustraient par leur comportement anti-bourgeois.

Les noms prestigieux qui y ont participé sont nombreux :
Walter Gropius – architecte « inventeur » du mouvement –
Ludwig Mies van der Rohe – un des 3 directeurs de l’école –
Paul Klee – responsable du « cours pratique de composition » –
Vassily Kandinsky – cours et exercices sur la forme et la couleur –
Marcel Breuer – étudiant puis directeur de l’atelier d’ameublement -…

Le Bauhaus vise « l’union entre l’Art et la Vie »
Le projet créatif est global et vise la construction d’un cadre de vie optimum. L’homme ne doit pas être esclave de l’objet. L’aspect décoratif du mobilier est une chimère. Le mouvement n’est pas centré sur l’objet individuel et la « bonne forme » de celui-ci.
On s’éloigne donc beaucoup de la vision du Bauhaus lorsque nous nous extasions aujourd’hui devant tel ou tel meuble de leur création !

En 1919 lorsque Gropius fonde le Bauhaus, la Guerre Mondiale a ruiné l’industrie allemande. Ainsi un espace réapparaît pour l’artisanat, l’industrie ne paraissant plus de fait comme la direction évidente qu’elle incarnait avant la déflagration du conflit.

Le Bauhaus désire abolir la séparation académique entre arts supérieurs et arts appliqués et commence pour cela par rénover l’enseignement artistique.
L’école met en place un cours préliminaire de quelques semaines, destiné à désintoxiquer les élèves de leur bagage classique et les engager dans leur créativité personnelle, explorant largement l’art abstrait.
Puis viennent les ateliers, car d’après Gropius ; « l’art n’est pas une profession ! L’objectif final de toute activité créatrice, c’est l’Edifice. Architectes, sculpteurs, peintres, il nous faut tous revenir à l’Artisanat ». Les étudiants peuvent donc approfondir leur apprentissage auprès des maîtres artisans dans les ateliers de menuiserie et d’équipement, de plastique sculpturale, du métal, de céramique, atelier de peinture murale, de tissage, d‘imprimerie d’art, de réclame et de photographie.

Si vous avez raté cette exposition ou désirez poursuivre le voyage, je vous propose 2 idées.
Un très bon livre : « Bauhaus » de Jeanine Fiedler et Peter Feierabend aux éditions Ullmann. On peut difficilement faire plus complet mais aussi clair, agréable à lire et bien illustré. Super livre !
Et si vous pouvez vous rendre à Berlin, ne manquez pas le musée du Bauhaus, dans un bâtiment dessiné par Gropius, abritant le plus grand rassemblement de pièces de l’Ecole.

Vendredis

Lisière, claustra en bouleau - Vendredis
Chanterelle, de quoi s'amuser - Vendredis
Furie, bon chien - Vendredis
Phasme, long et doux
Pic Mineur, Aïhi, Aïho...
Mante, pas très religieuse - Vendredis

lance les des

Ils sont arrivés de plusieurs horizons (architectes, menuisiers, ébénistes…), se sont croisés et entendus avant de se dire que ce serait vraiment trop bête de ne pas profiter de leurs ondes en phase et de leurs savoir-faire complémentaires.

Ils ont donc passé le pas et se sont engagés dans une nouvelle aventure commune.

Les collections qu’ils ont montrées à Maison & Objet en janvier 2016, Alice et Jack, sont à la fois différentes dans leur esprit et se complètent très bien. C’est ce qu’on ressent d’eux aussi.

Il y a Alice. C’est le jeu, le rêve, le mystère.

On y trouve Lisière : une forêt mystérieuse et douce qui montre et cache, sépare et unit. C’est une solution poétique pour organiser vos espaces.

Et puis il y a la table Chanterelle, très travaillée avec toutes ses courbes de niveaux, ses couleurs et ses surprises… et pourtant pas prétentieuse pour 2 sous, une impression de fraîcheur et de simplicité, une invitation au jeu.

Jack, c’est une autre limonade. Il est moins dans la courbe, il a même un chien, Furie, qui montre les dents …mais qui finalement se fait tout doux quand on s’assoit sur son dos. Bon toutou !

Jack ce sont aussi des lampes que j’adore. Des lignes droites et claires, mais qui changent de direction sans prévenir, des dimensions imposantes mais un rendu très léger, une silhouette épurée mais pourtant amicale et gaie avec ses touches de couleur et la blondeur du bois. L »utilisation des leds et de leur éclairage indirect apporte de la douceur à ces créatures surprenantes : Phasme, c’est le nom de la suspension, Pic Mineur, les appliques et Mante, la lampe sur pied.

Bref, je vous dis Vendredis, c’est un super talent pour raconter des histoires surprenantes et du coup créer des éléments que je trouve très riches. Allez découvrir leurs propositions et n’hésitez pas à les contacter si vous désirez travailler avec eux, ils sont très sympas : http://www.vendredis.biz/

A bientôt Vendredis !

Art Up – Foire d’Art Contemporain de Lille

artup

Quelques uns de mes coups de coeur de ce week-end à la Foire d’Art Contemporain de Lille.

Allez-y si vous êtres dans le coin ou allez découvrir ces artistes sur la toile… mes photos ne leur rendent pas assez hommage mais vous donneront j’espère envie de les découvrir.

Si vous voulez m’offrir une toile de Toma L, n’hésitez surtout pas !

B. Yoshiko Pruchnow. 2014 Swimmer n°10

Brigitte Yoshiko PRUCHNOW      –     2014 « Swimmer n°10 »

Toma L (né en 1975)  Artiste Français        je les veux….

Toma L (né en 1975) artiste Français
Toma L (né en 1975) artiste Français
Toma L (né en 1975) artiste Français
Toma L (né en 1975) artiste Français
Paolo Ambrosio

Paolo AMBROSIO (né en 1938) Artiste Italien   –    Tintotela 1977

Michel Graff

Michel GRAFF (né en 1938)      Artiste Français

Edo Murtic 1921-2005

Edo MURTIC (1920-2005) Artiste Croate   –    Zuti Torkut 1966

Michel GRAFF (né en 1938) Artiste Français - "Terre Amsud" 2006

Michel GRAFF (né en 1938) Artiste Français    –     Terre Amsud 2006

Kiro Urdin (né en 1945) Artiste Macédonien - "La Matiere Grise"

Kiro URDIN ( né en 1945) Artiste Macédonien    –    « La Matière Grise »

Julie de Bleeckere

Julie de BLECKEERE,  Artiste Belge

Julie de Bleeckere Artiste Belge

Julie de BLECKEERE

Kiro Urdin Favorite Feeling

Kiro URDIN     –       Favorite Feeling

Kiro Urdin - Organic Feeling

Kiro URDIN     –     « Organic Feeling »

Henri Sarla "La Plage"

Henri SARLA (né en 1959)   Artiste Belge    –     » La Plage »

Liu Zhengyong

Liu ZHENGYONG  (né en 1980)   Artiste Chinois

Harry Adams Grey Clouds Over Wild Meadow And Pasture

Harry Adams    –      « Grey Clouds Over Wild Meadow And Pasture »

Henri Sarla Contrejour

Henri SARLA     –    « Contrejour »

Michael Bause

Michael BAUSE   Artiste Allemand     –     Untitled 2015

Harry Adams, Collectif - Grey Skies Over Summer Fields

Harry Adams, collectif composé de Steven LOWE et Adam WOOD

 » Grey Skies Over Summer Fields « 

Francois Bard Sweat Shirt Rouge

Francois BARD (né en 1959) Artiste Français     –      « Sweat Shirt Rouge »

Fleur de ROECK - Artiste Belge

Fleur de ROECK    –      Artiste Belge

Gordon HOPKINS (né en 1965) Artiste Américain - "Landscape" 2015

Gordon HOPKINS (né en 1965)  Artiste Américain    –     « Landscape » 2015

Papier Tigre Grrrr….

Choisir ? non
Vivement l'été
Bisous
Rangé... et joli
alternatif

Papier Tigre Carnet

 

Comme une régression dont certains d’entre nous ne sont jamais vraiment sortis.
Vous vous souvenez quand on allait acheter les fournitures de rentrée ? Pour moi, c’était à Bayonne ou à Bordeaux.
Et là on pouvait choisir des beaux cahiers, avec de belles couvertures, des carnets pleins de promesses, des papiers qui glissent (mais ça, c’était avant… avant qu’on sache qu’il vaut mieux pour la planète choisir du papier recyclé !).
Les projets de carnet secret ou de journal intime, qui je l’avoue s’arrêtaient finalement au bout de 2 pages pour moi…

Cela fait le même effet de découvrir les créations de Papier Tigre. C’est un peu Noël.

Et si on a l’impression de retrouver notre émerveillement d’enfant, ouf, on n’est pas du tout dans le passé car les graphismes de Papier Tigre nous portent bien dans notre époque.

2 collections par an à retrouver sur leur site, dans leur magasin parisien du côté du Cirque d’Hiver, et depuis peu à Berlin.
Et tout ça donc pour une aventure commencée fin 2012. Il en a sous le capot le tigre !

Les classiques de la papeterie  – cartes, carnets, papiers d’emballage, étiquettes…- mais aussi des supports plus étonnants où s’amusent ces créateurs : lunettes, bijoux, chaussettes, cactus …

L’équipe derrière tout ça dessine et veille au chemin de leur produit jusqu’à nous. Merci.

Ce Tigre a l’air d’ailleurs d’un félin plutôt gentil : que dites vous d’une boutique dans la vitrine de laquelle vous pouvez lire des cartels d’information signés d’un « Bisou », ou d’un site où le bouton d’achat dit « j’en veux un s’il-vous-plaît ». Bon esprit ce Tigre.

De temps à autre ils invitent un ami créateur à exposer dans leur magasin. Et ça c’est sympa. A bientôt

Découvrez leur site en cliquant ici
et aussi

le-cactus-en-bois

l’atelier des garçons

Eric HIBELOT de l'atelier des garçons

vases eric hibelot

Belle histoire – Grand espoir.

Eric Hibelot et Jean-Marc Fondimare ont réussi à réaliser ce qui fait rêver beaucoup de personnes.

Découvrir et explorer un support d’expression qui les passionne, prendre ce nouveau chemin et vivre à fond cette aventure professionnelle et artistique. En 2010 ils ont pris un virage et abandonné leurs anciennes professions pour se consacrer à la céramique, apprendre, expérimenter, laisser libre cours à tout ce qu’ils ont à dire.
Vous vous rendez-compte : cela ne fait que 5 ou 6 ans qu’ils font de la céramique. Bon, d’accord, il ne faut pas rêver, on ne pourra pas tous arriver à faire d’aussi jolies choses en quelques années, même si on travaille dur… Ils doivent être doués ces garçons !! D’autant plus que si tous les métiers d’art sont complexes pour celui qui veut les maîtriser, la céramique réserve particulièrement de surprises. Tant d’étapes où tout peut chavirer, virer.

Jean-Marc parait encore étonné d’être arrivé là. Amusé, il raconte comment un grand professionnel l’a un jour appelé pour un conseil technique…. Magique pour l’autodidacte d’être digne d’essayer de répondre. Chapeau au pro, qui a appris et expérimenté tant de choses, et reconnaît que la solution peut venir du martien qui a déboulé dans le Métier d’Art !

Lorsqu’on découvre leurs créations on imagine un atelier lumineux, ouvert, où on travaille dans le plaisir. Tous les deux ont un univers où le graphisme occupe une grande place.

Pour Eric, les couleurs sont aussi centrales : vives, contrastantes, elles éclatent tandis que le toucher semble avoir la douceur de la poudre. Des pois, des lignes, parfois du relief pour que la main s’amuse aussi. Toujours une lutte contre l’uniformité, la standardisation, les clones proposés par la production de masse : les formes, les tailles, les proportions varient, et libèrent.

Avec Jean-Marc on navigue à travers de nombreuses techniques qui lui permettent de jouer encore et encore avec les graphismes : il troue ses porcelaines fines pour les transformer en abat-jour, fabrique ses crayons d’oxyde pour écrire sur ses gobelets, teinte la porcelaine dans la masse, et parfois s’amuse à empiler les couches, en gratter certaines pour laisser apparaître celle du dessous… Il crée même des moules en papier, qui brûlent et disparaissent lors de la cuisson.

Beaucoup de mal à choisir les photos pour montrer leur travail tant cela me plait dans tous les sens. Donc pour les découvrir plus encore, passez les voir à leur boutique de St Amand en Puisaye ou en attendant faites un détour par leur site très riche :  http://www.latelierdesgarcons.com/

JM Fondimare M&O

Gone’s

Lignes pures mais pas prétentieuses pour ce beau Monsieur
Vide-Poche de la Collection Brut - Gone's
Horloge Toupie Gone's
de belles boîtes en carton recyclé avec de l'encre juste là où il faut pour ne pas trop polluer

Vous avez eu la Fève !

 

Ils sont 2, frères, et lyonnais… d’où ce nom qu’il m’ont décodé, moi que ne connaissais pas ce terme du cru : un gone, c’est un p’tit gars de là bas.

Marian et Hadrien ont mis en commun leurs compétences, l’un designer, l’autre entrepreneur, pour commencer cette belle aventure en 2013. C’était déjà leur 3° Maison & Objet et ils m’ont gentiment parlé de leur démarrage et donné de bons conseils.

Vous connaissez peut-être certaines de leurs créations qu’on a déjà aperçues dans les magazines de Déco, notamment la lampe Fève : une lampe en frêne qui arrive chez vous en kit et là, oh miracle, vous avez l’impression d’être Mac Gyver parce qu’avec vos petites mains vous arrivez à créer (presque) tout seul comme un grand un très bel objet. Merci les Gones de nous faire nous sentir doués.

J’ai aussi beaucoup aimé la lampe Monsieur, en béton et bois. Ce n’est pas n’importe quel « Monsieur » croisé au coin de la rue. C’est plutôt la version racée et sexy style James Bond…. mais je m’emballe.

Il y a aussi les vide poches Brut, qui marient le brut du béton au velouté des laques mates aux couleurs vives. Mmm….

L’horloge Toupie, qui nous permet de jouer un peu avec le temps. De le remonter aussi ?

Même leurs packagings sont beaux et soucieux de l’environnement.
Car c’est un autre aspect de leur démarche : les Gone’s font en sorte que leurs produits ne fassent pas de mal à la planète, fabriqués en France entre le Sud-Est, le Jura, Bordeaux …

Allez donc faire un tour sur leur site dont le ton est très sympa : on peut y lire pas mal de choses sur leur histoire car les frères sont partageurs Le site Gone
Ils ont également un eshop où vous pourrez commander leurs créations c’est ici

 

Bonne découverte et bonne route aux Gone’s !

le Non-Lieu

Non-Lieu rayonnages

A découvrir un lieu atypique et créatif comme le Nord sait les faire.
Une Usine…. un Non-Lieu.
Coins et recoins sombres, séduction d’un lieu endormi et mystérieux mais dont on sent le sang battre….
Magie décuplée par les vestiges de vie qui sont restés dans les murs : énormes cuves, paniers où on pourrait se cacher à 4 ou 5, montagnes de bobines, outils divers, variés, rouillés, empoussiérés, empilés….

L’usine Cavrois-Mahieux de Roubaix a une longue histoire derrière elle.
Elle est née en 1887, crée par les frères Jean et Auguste Cavrois.
Pour ceux à qui le nom de Cavrois dit quelque chose, c’est le fils de Jean, Paul, qui commandera au début des années 30 à Mallet Stevens la fantastique Villa que l’on peut à nouveau admirer depuis son ouverture au public cette année… mais cela vaudra bien un autre post !

L’usine a habillé bien des générations : filature de fils de laine, puis également tissage mécanique, teinturerie de laine peignée, production de fil à tricoter et même à la pointe de l’innovation fin des années 60 avec les fibres synthétiques utilisées pour la bonneterie.
109 ans d’activité avant de fermer ses portes en 1996, touchée comme bien d’autres par la crise du secteur textile dans le Nord.

Reste ce lieu impressionnant, immense où on sent les années de labeur.

L’association le Non-Lieu est née en 2002. Son objectif : développer les liens entre aspects patrimoniaux et manifestations contemporaines de la culture et créer des opportunités d’expression pour les artistes. Le Non- Lieu veut être un lieu de transition, de passage, d’anonymat, d’échange, une totalité ouverte. Beau programme !

Pour abriter ses nombreuses actions, le Non-Lieu s’est établi dans une partie de l’ancienne usine Cavrois-Mahieux.
Vous pénétrez dans la Forge, ancienne chaufferie de l’usine, forge puis atelier de mécanique, surplombée de deux cheminées monumentales.
Allez découvrir le lieu et ses habitants qui offrent au fil de l’année expositions, création in situ, soirées DJ sets et bals underground.

Entre autres, au mois de juin, un grand week-end avec visites guidées, intervention d’artistes et bal d’inspiration Moderniste.
En octobre, les Portes Ouvertes des Ateliers d’Artiste puisque l’usine abrite 5 ateliers permanents.
Autre rendez-vous annuel : L’exposition Small is Beautiful, chaque année début décembre pendant le « Nuit des Arts » de Roubaix … trop tard c’était le week-end dernier mais vous pourrez y aller dans un an …
De nombreuses occasions donc de découvrir à la fois ce très beau lieu et toutes les activités de l’association que vous aurez peut-être envie de rejoindre !

http://www.non-lieu.fr

Modern Love

Modern Love

Modern Love : David Bowie 1983, dans l’album mythique Let’s Dance.

C’est surement cette chanson qui a inspiré les 2 créatrices anglaises quand en 2010 elles ont cherché un nom pour leur bureau de design spécialisé dans le textile. On retrouve en tout cas dans leurs créations l’énergie du morceau et le grain de folie de Bowie.

La Cité Internationale de la Dentelle et de la Mode de Calais propose jusqu’à fin décembre 2015 une exposition sur le travail de Sarah Arnett et Kim Hunt au sein de Modern Love.

Les créatrices explorent les larges possibilités offertes à la création textile par les technologies numériques et les font cohabiter avec l’approche artisanale puisque carnets de croquis et patronage manuels continuent à nourrir la démarche.

Ces nouvelles technos révolutionnent la façon de concevoir et de produire le vêtement mais aussi une souplesse accrue facilitant la production de séries très limitées. L’exposition montre les répercussions de l’impression numérique 3D sur le processus de fabrication, la création de textiles grâce à des moules réalisés par impression numérique 3D. Y sont aussi abordés la découverte de techniques permettant de créer un motif sur tissu sans impression, comme le laser, la manipulation des tissages ou le détournement des textiles existants, ou encore l’exploration d’images 3D pour la création de maquettes et designs virtuels.

Voilà pour l’aspect « technique » de l’approche. Mais j’ai été avant tout séduite par les créations de Modern Love, indépendamment de leur mode de conception. Sarah et Kim créent des tissus vibrants, par leurs couleurs, leurs graphismes. Souvent inspirés par la nature ou les animaux. Plein d’énergie et d’inventivité. Les différentes pièces présentées dans la collection évoquent un défilé de Haute Couture, à cheval entre des lignes qui nous rappellent les années folles et un futur que l’on découvre à peine avec ses matières innovantes.

Vous aurez donc compris que je vous encourage à passer à l’exposition qui fermera ses portes à la fin de l’année.

Ce sera l’occasion de visiter le reste du musée qui est très bien fait. Je ferai un billet sans doute sur le sujet et on fera donc un grand bond dans le temps.